Nuit au couvent des bénédictines de Bellemagny. Comme quoi le sommeil tient à peu de choses. J'avais tout pour dormir comme un loir. Accueil des soeurs très sympathique, repas agréable avec deux autres hôtes marcheuses également sur cette portion du chemin de Compostelle, cadre idyllique, silence des lieux... Et pourtant, la nuit n'a pas été de tout repos, tout simplement pour une question de longueur de lit. Ah, ces lits anciens qui mesurent moins de 1,80m et où un bord en bois empêche les pieds de "sortir dehors". J'ai toujours dormi avec les pieds en dehors du matelas, dans le vide ! Et là, avec cette planche de bois en bout de lit, j'ai passé une nuit tout recroquevillé. Bon, ce n'est pas dramatique mais comme quoi, quand on a ses petites habitudes...
Comme lors de l'étape précédente, je souhaitais marcher aujourd'hui sans mon sac à dos. C'est la mère supérieure elle-même qui est venue me voir au petit déjeuner ce matin et qui m'a proposé qu'une soeur dépose mon sac à l'arrivée de l'étape du jour. J'ai sauté sur l'occasion, souhaitant consolider cette histoire de genou.
En quittant Bellemagny, je prends le sentier balisé par la coquille. Je suis sur le sentier de Compostelle qui vient de Bâle et qui file vers Gy avant de se séparer dans deux directions : Vezelay vers l'ouest et Cluny vers le sud. Je suivrai celui de Vezelay pour le quitter ensuite direction la Bretagne. Quelques kilomètres après Bellemagny, je quitte l'Alsace et entre dans la Franche-Comté. Les maisons du petit village d'Angeot n'ont plus le caractère bien typique des maisons alsaciennes. Par la suite, en traversant d'autres villages, je ferai la constatation que les maisons, les jardins et les abords sont moins bien entretenus qu'en Alsace. Deux autres différences entre les deux régions traversées me sautent également aux yeux. Depuis les quelques kilomètres traversés en Franche-Comté, je remarque que la plupart des maisons ont leur clôture et portail, souvent fraîchement installés. Ce n'était pas le cas dans le Sundgau. Idem pour les chiens. Je n'ai pas en mémoire l'aboiement d'un chien pendant mes quatre jours de marche en Alsace. Ce matin, plusieurs chiens ont aboyé à mon passage, dont un, particulièrement excité, s'est précipité sur moi. Mon indifférence (extérieure seulement !) a dû le décourager de poursuivre.
Le chemin traverse des bois dont les feuilles des arbres (essentiellement des chênes) viennent tout juste de poindre. Quel superbe contraste entre le ciel bleu parfait sans nuage et cette palette de vert pastel et frais. Le coloris vert est connu comme agent anti stress. C'est un coloris qui apporte sérénité. Indéniablement, cette petite marche matinale dans ces bois a un effet bénéfique sur mon humeur.
En sortant des bois, le chemin poursuit à travers la campagne avec les Vosges à droite et le Jura suisse à gauche. Il est 10 heures et la chaleur commence à monter tout en restant agréable. Quel plaisir de vivre ces moments rares.
A suivre ...
Bellemagny - Vétrigne : 19 km / 4h30 (cumul 90 km / 20h)
Départements : Haut-Rhin (68) puis Territoire de Belfort (90)
Région : Alsace puis Franche-Comté
Paysage : ** (les bois, les étangs, les prairies au printemps naissant)
Météo : ciel bleu
Hébergement à l'arrivée : chambre d'hôtes
Le physique : ok
Le moral : top
Le plaisir de la découverte
A suivre...
© Philippe MATHON